Octobre.
Les feuilles tombent, les journées raccourcissent et les supermarchés se remplissent de squelettes en plastique fabriqués à l’autre bout du monde. L’humanité se prépare à célébrer Halloween, cette merveilleuse tradition qui consiste à déguiser ses enfants en cadavres pour les envoyer réclamer du sucre à des inconnus.
Mais avant les bonbons, les films d’horreur et les décorations Action à 2,99 €, il existait quelque chose d’un peu plus sérieux.
Samhain.
Approchez du feu, jeunes mortels. Le vieux druide a deux ou trois choses à vous raconter.
Samhain : une fête où les morts n’avaient pas besoin d’invitation
Dans les anciennes traditions gaéliques, Samhain marquait la fin des récoltes et l’entrée dans la partie sombre de l’année. Autour du 31 octobre et du 1er novembre, on célébrait ce passage entre deux saisons, mais également, selon les croyances, entre deux mondes.
On racontait que la frontière séparant les vivants des esprits devenait plus perméable. Autrement dit, votre arrière-grand-père pouvait potentiellement revenir vous rendre visite sans prévenir. Déjà qu’aujourd’hui certains supportent difficilement leur famille à Noël, imaginez le bordel si les ancêtres débarquaient également pour donner leur avis sur votre décoration intérieure.
Avec le temps, les traditions se sont transformées, mêlées aux célébrations chrétiennes de la Toussaint, puis aux coutumes populaires qui ont donné naissance à Halloween.
Deux mille ans d’évolution culturelle pour finir avec des influenceurs déguisés en nonnes sexy.
Les druides doivent se retourner dans leurs tombes. Ce qui, pour Samhain, reste relativement cohérent.
Des symboles anciens gravés dans la peau
Et le tatouage dans tout ça ?
Depuis des millénaires, l’être humain marque son corps pour raconter son histoire, affirmer son identité, honorer ses morts ou porter des symboles importants.Concernant les Celtes, attention toutefois aux légendes : les fameux guerriers entièrement tatoués de bleu relèvent davantage du débat historique que de la certitude archéologique.
Mais aujourd’hui, le tatouage celtique, les runes, les entrelacs, les crânes, les corbeaux et les symboles païens continuent de fasciner.
Pourquoi ? Parce qu’au fond, nous n’avons pas tellement changé.
Nous cherchons toujours à donner une forme à ce qui nous dépasse : la mort, le souvenir, la nature, le temps qui passe. Certains allument une bougie pour leurs disparus. D’autres portent leur mémoire sous la peau. Et certains se font tatouer un énorme démon parce que, je cite, « il a une gueule de malade ».
Les trois approches se défendent.
Halloween, tatouages et autres mauvaises fréquentations
À l’Antre du Druide, à Metz, inutile d’attendre le 31 octobre pour croiser des créatures étranges. Entre les projets de tatouages gothiques, les inspirations médiévales, le blackwork et les gravures macabres, Halloween ressemble surtout à une journée de travail ordinaire avec davantage de citrouilles.
Finalement, Samhain nous rappelle une chose : la mort fait partie de la vie, et les symboles permettent parfois d’apprivoiser ce qui nous effraie. Alors cette année, avant de creuser votre citrouille, accordez peut-être une pensée à ceux qui vous ont précédés.
Et si vous entendez frapper à votre porte pendant la nuit… vérifiez quand même avant d’ouvrir.
C’est probablement un gamin déguisé en fantôme.
Mais si c’est votre arrière-grand-père, dites-lui que les rendez-vous tatouage se prennent à l’avance.
Même dans l’au-delà.
Bard’ink | L’Antre du Druide, Metz


Votre commentaire